Sunday, 21 June 2026

A French Review of Haywood's Letter from Henry Goring

Eliza Haywood's Ab.66 A Letter from H---- G----g Esq; One of the Gentlemen of the Bed-chamber to the Young Chevalier … To a Particular Friend (1749) was translated as Lettre de H.... G....g Ecuyer, un des Gentilshommes de la Chambre du jeune Chevalier de S. George … qui l'ait accompagne d'Avignon … Traduite de l'Anglois par M. l'Abbe *** (1756).

This French translation was reviewed (in French) in L'Année littéraire, 7 (1756): 38–43, which is online here (as previously noted on this blog), but also here. Below is my transcription and translation (via Google Translate). If anyone cares to improve on either transcription or translation please let me know.
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Lettre sur le Prétendant.

  L'histoire des disgraces du Prince Edouard a fait autrefois, Monsieur, le sujet d'une de mes Lettres *. Les voyages de ce Prince depuis son départ d'Avignon jusqu'à son arrivée en Lithuanie font la matière d'une brochure in-12 qui se vend chez Prault, Quai de Conti, à la descente du Pont-Neuf. Elle est intitulée: Lettre de H..... G.... G.... Ecuyer, un des Gentilshommes de la Chambre du jeune Chevalier de Saint George, et la seule personne de sa Cour qui l'ait accompagné d'Avignon dans son voyage en Allemagne et autres lieux: contenant plusieurs aventures touchantes et remarquables qui sont arrivées à ce Prince pendant le cours de son voyagé secret: à un ami particulier; traduite de l'Anglois par M. l'Abbé ***.
  On raconte dans cette Lettre vraie ou prétendue qu'un gentilhomme, qui se faisoit appeller le Chevalier de la Luze, étant arrivé à Avignon, eut avec le Prince des conférences secrettes, et partit peu de jours après. Le Prince ne tarda pas à le suivre, accompagné seulement d'un gentilhomme, d'un valet de chambre et de deux domestiques. Pour n'être point connu, il se fit appeller le Comte d'Espoir, et il prit sa route par Lyon. Il descendit dans un village à deux lieues plus loin que cette ville; il s'enferma dans une chambre, passa la nuit à écrire des lettres, et le lendemain il renvoya tout son monde excepté son gentilhomme. L'hôte chez lequel il logeoit lui trouva d'autres domestiques. Le Prince continua sa route par Dijon et par Nancy, et il arriva à Strasbourg où le Chevalier de la Luze lui avoit fait préparer un logement. Quelques jours après le feu prit pendant la nuit dans une maison qui étoit vis à-vis de son appartement. Il fut bientôt éveillé par le bruit; il s'habilla et sortit pour aller au secours. Ses gens voulurent le retenir: Eh quoi, s'écria-t-il, sommes nous donc nés pour avoir soin seulement de nous mêmes? Et aussi-tôt il vole à l'endroit où le feu faisoit le plus de ravage. L'objet qui le frappe d'abord est une jeune femme qui avoit la moitié du corps passé hors de la fenêtre, et qui crioit au secours parce qu'elle étoit dans une chambre où le feu avoit pris de toutes parts. Le Prince lui dit de se jetter en bas, et qu'il la recevroit dans ses bras. Il la reçut en effet sans qu'elle se fît aucun mal; et comme elle étoit en chemise, dit l'auteur, il l'emporta chez lui, la mit dans son lit, l'enveloppa dans ses couvertures pour empêcher qu'elle ne s'enrhumât. La crainte du danger avoit fait perdre connoissance à cette jeune et aimable personne, de sorte que pendant tout ce temps elle sut totalement insensible au soin qu'il prenoit d'elle. Le Prince de son' côté, loin de profiter de l'état où elle se troavoit, ne s'occupoit qu'à la saire revenir de son évanouissement. Quand elle eut repris ses sens, il la, recommanda à la maîtresse du logis, et retourna au feu qui duroit toujours. Le lendemain il dîna avec la jeune Demoiselle, le Chevalier de lu Luze, et son gentilhomme. Le repas sut gai, la conversation tendre et galante; et la Demoiselle, pénétrée de reconnoissance et frappée des vertus et de la bonne mine de son libérateur, se troubla, quitta la table, et alla prendre l'air un moment à la fenêtre. Le Prince la suivit et lui parla; la Luze et son gentilhomme voulurent le laisser seul avec elle. Il les retint auprès de lui dans la crainte qu'un tête à tête ne lui fît perdre le prix de son bienfait. Il se sépara de cette charmante personne, comme Aléxandre qui voyant la beauté des filles de Darius se retira sur le champ de leur présence.
  Tandis que le Prince Edouard étoit à Avignon, un Anglois, qui se disoit gentilhomme, étoit venu lui demander un emploi auprès de fa personne. Comme ìl n'y en avoit point de vacant, le Prince lui donna quelque argent, et lui permit de venir manger dans son palais. On le soupçonna bientôt d'être un imposteur et un espion. On communiqua ces soupçons au Prince: cela pourroit bien être, répondit-il; mais nous n'en sommes pas certains; nous sçavons seulement qu'il est dans le besoin; et j'aimerois mieux secourir cent ennemis que de refuser à un ami, sur un simple soupçon, le peu de secours que je puis lui donner. Cet homme avoit disparu quelque temps avant le départ du Prince; on sut fort étonné de le retrouver à Strasbourg dans l'hôtellerie où logeoit son Altesse Royale. Le jout même le Prince quitta Strasbourg, passa le Rhin, et continua sa route par Wirtzbourg. A quelque distance de cette ville, cinq hommes bien montés, masqués et armés, déchargèrent leurs pistolets tous à la fois et sans dire mot dans la chaise où étoit le Prince. Aucune des balles ne le blessa; il sauta de sa chaise, sit feu à son tour contre les assassins, en tua deux, et mit les autres en suite. Un des morts écoit le traître à qui son Alteste Royale avoit donné de l'argent à Avignon.
  Le Prince partit pour Léipsick, et le Chevalier de la Luze, après avoir exécuté sa commission en le conduisant en une certaine Cour d'Allemagne où il demeura dix jours, prit congé de lui. Edouard, accompagné seulement de son gentilhomme et de deux domestiques, passa dans différens Etats dont les Souverains n'étoient pas tous également disposés en sa faveur. A son arrivée en Lithuanie il reçut la visite d'une personne très-illustre qui lui est intimement attachée. Il eut avec elle plusieurs entrevues secrettes dans un château appartenant à la maison de Wizinski. Bien des gens, dit l'auteur, ont assûré que ce Prince étoit marié; mais rien n'est plus faux; il est vrai, ajoûte-t-il, qu'il aime une Princesse et qu'il en est aimé, et que, si ses affaires prennent une face plus favorable, cette union ne tardera pas à se faire; mais dans la position où il est actuellement il ne veut point se marier, pour ne pas devenir père, comme il dit lui-même, de mendians Royaux. Voilà, Monsieur, jusqu'où l'auteur de cette Lettre a conduit son héros. Il ne nous apprend ni ce qu'il devient, ni quel est le but de son voyage. Cette brochure est d'ailleurs très-mal écrite.

*Voyez l'Année Littéraire 1756, Tome II page 289.


Letter about the Pretender.

  The story of Prince Edward's misfortunes was once, Sir, the subject of one of my letters.* The travels of this Prince from his departure from Avignon to his arrival in Lithuania form the subject of a small octavo pamphlet sold at Prault's, Quai de Conti, near the Pont-Neuf. It is entitled: Letter from H..... G.... G.... Esquire, one of the Gentlemen of the Chamber to the young Chevalier de Saint George, and the only person of his Court who accompanied him from Avignon on his journey to Germany and other places: containing several touching and remarkable adventures that befell this Prince during the course of his secret journey: to a special friend; translated from the English by Abbot ***.
  This letter, true or purported, recounts that a gentleman calling himself the Chevalier de la Luze arrived in Avignon, held secret conferences with the Prince, and departed a few days later. The Prince soon followed him, accompanied only by a gentleman, a valet, and two servants. To remain anonymous, he called himself the Count d'Espoir and made his way through Lyon. He stopped in a village two leagues beyond the city, shut himself in a room, spent the night writing letters, and the next day dismissed everyone except his gentleman. The innkeeper where he stayed found him other servants. The Prince continued his journey via Dijon and Nancy, arriving in Strasbourg where the Chevalier de la Luze had arranged lodgings for him. A few days later, a fire broke out during the night in a house opposite his apartment. He was soon awakened by the noise; he dressed and went out to help. His servants tried to stop him: "What!" he cried, "were we born to only take care of ourselves?" And immediately he flew to the place where the fire was raging the most. The first thing that struck him was a young woman who had half her body hanging out of a window, crying for help because she was in a room that was ablaze on all sides. The Prince told her to throw herself down, and that he would catch her in his arms. He did indeed catch her without her being harmed; And as she was in her shift, the author says, he took her home, put her in his bed, and wrapped her in his blankets to prevent her from catching a cold. The fear of danger had caused this young and charming person to lose consciousness, so that during all this time she remained completely unmoved by his care for her. The Prince, for his part, far from taking advantage of her condition, was only concerned with helping her recover from her faint. When she had regained her senses, he commended her to the lady of the house and returned to the fire, which was still burning. The next day he dined with the young lady, the Chevalier de Luze, and his gentleman. The meal was cheerful, the conversation tender and gallant; And the young lady, filled with gratitude and struck by the virtues and handsome appearance of her liberator, became flustered, left the table, and went to the window for a moment to get some fresh air. The Prince followed her and spoke to her; Luze and her gentleman wished to leave him alone with her. He kept them with him, fearing that a private conversation might cause him to lose the reward of his kindness. He parted from this charming woman, like Alexander who, upon seeing the beauty of Darius's daughters, withdrew immediately from their presence.
  While Prince Edward was in Avignon, an Englishman, who called himself a gentleman, came to ask him for a position in his household. As there was no vacancy, the Prince gave him some money and allowed him to dine in his palace. He was soon suspected of being an imposter and a spy. These suspicions were communicated to the Prince: "That could well be true," he replied, "but we are not certain; we only know that he is in need; and I would rather help a hundred enemies than refuse a friend, on mere suspicion, the little help I can give him." This man had disappeared some time before the Prince's departure; everyone was quite astonished to find him in Strasbourg at the inn where His Royal Highness was staying. That very day, the Prince left Strasbourg, crossed the Rhine, and continued his journey via Wirtzburg. Some distance from this city, five well-mounted, masked, and armed men discharged their pistols all at once and without a word into the chair where the Prince was sitting. None of the bullets wounded him; he jumped from his chair, returned fire on the assassins, killed two, and put the others to death. One of the dead receives the traitor to whom His Royal Highness had given money in Avignon.
  The Prince departed for Leipzig, and the Chevalier de la Luze, after carrying out his mission by escorting him to a certain German court where he remained for ten days, took his leave. Edward, accompanied only by his gentleman-in-waiting and two servants, traveled through various states whose sovereigns were not all equally well-disposed towards him. Upon his arrival in Lithuania, he received a visit from a very illustrious person to whom he was intimately attached. He had several secret meetings with her in a castle belonging to the House of Wizinski. Many people, the author says, have asserted that this Prince was married; but nothing could be further from the truth; it is true, he adds, that he loves a Princess and is loved in return, and that, if his affairs take a more favorable turn, this union will soon take place. But in his current situation, he refuses to marry, so as not to become, as he himself says, a father of royal beggars. There you have it, sir, how far the author of this letter has taken his hero. He tells us neither what becomes of him, nor the purpose of his journey. Moreover, this pamphlet is very poorly written.

*See Année Littéraire 1756, Volume 2, page 289.

For for a complete list of reviews of Eliza Haywood's works—including works in translation, such as this—see here.

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