Somewhat belatedly, I have now transcribed and translated this fascinating review, which is quite positive towards Haywood’s Anti-Pamela, and (rightly) strongly negative towards Richardson’s improbable, inconsistent, and implausible Pamela. Haywood’s Syrene is praised as realistic, consistent, and psychologically plausible—unlike Richardson’s idiotic Pamela. The reviewer specifically praises Haywood’s “moral design,” since the novel genuinely serves, as promised, as a moral warning.
Although the reviewer complains that Anti-Pamela (and Pamela) is badly translated, full of awkward expressions, and solecisms, he praises the translator—in a wonderful peroration—for omitting the many indecencies found in the English original: French readers, the reviewer notes, are spared from reading “a quantity of filth, which English readers are fortunate enough not to be so alarmed by.” Naughty, filthy English readers.
* * * * *
|358|
ARTICLE VII.
I.
ARTICLE VII.
I.
L'Anti-Pamela, ou la fausse Innocence, découverte dans les Avantures de Syrene: Histoire véritable, et attestée par l'Expérience de tous les Jours, écrite pour servir de Préservatif aux Jeunes-Gens contre les Ruses des Coquettes, et traduite de l'Anglois par Mr. de M ***. Amsterdam, Arkstée et Merkus, 1743, in 12, 445 pages, sans l'Avertissement.
CET Anti est un Roman Moral, fait pour en réfuter un autre de même Espece, composé par un Mr. RICHARDSON, intitulé Pamela, ou la Vertu récompensée, et dans lequel, selon l'Avertissement qui précede celui-ci, les Regles de la Vraisemblance sont assez mal obsérvées.
EN EFFET, y dit-on, l'on eft surpris, en lisant cet Ouvrage, d'y voir une Fille, qu'on nous donne pour une Niaise, raisonner, tantôt en Philosophe, tantôt en Théologienne; une Fille, qui a un Attachement presque inoui pour la Vertu; et qui, néanmoins, est la plus grande Grimaciere, et la plus ambitieuse du Monde. Elle veut, et ne veut pas: elle semble n'aimer la Vertu, que pour jetter de la Poudre aux Yeux, et pour mieux parvenir à ses Fins. En un mot, c'est un Caractere si compliqué, |359| qu'à chaque Feuille du Livre on croit voir une autre Héroïne …. Et l'on pourroit peut-être ajouter bien d'autres Choses sur ses Défauts, et ceux de son Panégyrique: ne fussent, par Exemple, que la Grossiéreté, et même la Brutalité des prémieres Propositions et Démarches du Héros de la Piéce, qui ne peuvent que rebuter d'abord tout Lecteur tant soit peu délicat et sensé; et que la ridicule Envie de devenir les Maitreffes et les Epouses de leurs Maitres, que la Réüffite des Minauderies de PAMELA peut aussi abusivement que naturellement faire naitre dans la petite Cervelle de quantité de sottes et imbécilles Créatures que son Avanture aura séduites.
ON n'aura pas lieu, continue l'Avertissement déjà cité, d'appliquer ces Reproches généraux à SYRENE. Ici, le Caractere est soutenu du Commencement jusqu'à la Fin. C'est toujours une Coquette, qui ignore tout, excepté l'Art de tromper, dans lequel elle excelle. On voit même croitre son Habileté avec son Age: et, par un Effet ordinaire à la Coquetterie, son Gout pour la Débauche augmente à mesure qu'elle a plus d'Habitude avec les Hommes; et, à la fin, elle accorde par Libertinage ce qu'elle ne cédoit que par Intérêt …… Pamela est malheureusement une Espece de Phénix, qu'on ne trouve nulle-part. Syrene est un Personnage, qui est dans tous les Païs, et dans toutes les Villes du Monde. En un mot, on voit avec agrément, dans ce Roman-ci, le Tableau réel et naïf de la Vie, des Ruses, |360| et des Déréglemens outrez des Femmes débauchées; au lieu qu'on voit d'abord à regret, que l'autre n'est qu'un Conte fait à plaisir, forgé dans le Cabinet de l'Auteur, qui y parle toujours, sans laisser presque jamais parler, comme il l'auroit dû selon son Plan, une Fille simple et modeste, dont l'aimable Naïveté auroit cent fois fait plus de Plaisir à tout Lecteur judicieux, que tous les Rafinemens d'Amour quintessenciez et mistiques, qu'on lui prête très mal-habilement. S'il est vrai, comme on le débite, qu'un Prédicateur de Soutwarck n'ait point fait Difficulté de recommander publiquement en Chaire la Lecture de cette Histoire Romanesque, on ne doit point craindre d'y recommander de même celle de Télémaque, de Guzman d'Alfarache, et de quelques autres Romans Moraux de pareille Espece: car les Leçons de Morale, qu'on y donne, y sont bien plus habilement enchassées, beaucoup plus judicieusement distribuées, et par conséquent bien plus propres à produire un heureux Succès.
POUR répondre parfaitement au Titre de Pamela, ou la Vertu récompensée, la Réfutation, dont il s'agit ici, auroit peut-être dû être intitulée Anti-Pamela, ou le Vice puni, puisqu'en effet chaque Projet criminel de Syrene est toujours mis à néant par le Manque de Succès: en quoi la Conduite et les Leçons de l'Auteur paroissent très judicieuses et très dignes d'Approbation. Quoi qu'il en soit, ces Avantures qui sont |361| au Nombre de IX, peuvent effectivement tenir lieu de Préservatif contre les Ruses des Coquettes: et c'est ce dont on pourra se former une Idée par le Détail suivant.
I. DANS la prémiere, Syrene, mise en Apprentissage à contre-cœur chés une Couturiere, et bien instruite par sa Mere, Femme d'Intigue fort expérimentée, de ne jamais s'attacher à qui que ce fût que par Intérêt, mais entrainée par son Penchant à la Volupté, s'amourache étourdiment d'un Aigresin de Lieutenant, quil'entraine adroitement dans une Taverne, où, moïennant une Paire de Bas, et quelques Verres de Ratafia redoublez, il en obtient enfin les Gans. Après quoi, à propos de quelques Plumes qu'elle tâche en vain de lui arracher, il la plante-là enceinte de son Fait: mais, à l'aide d'un Breuvage officieux, sa digne Mere, Femme de longue-main familiarisée avec le Crime, la tire bientôt de ce mauvais Pas.
II. LA seconde se passe dans une Maifon de Qualité, où Syrene, placée pour lire auprès d'une vieille Dame, et avoir soin de sa Chambre, trouve Moïen de mettre dans ses Filets son Gendre, et le Fils de ce Gendre, auquel elle s'abandonne enfin, mais qu'elle accuse aussi-tôt de l'avoir violée, et qui se voïoit sur le Point d'être forcé à l'épouser, ou exposé aux Rigueurs de la Justice, si une Lettre, imprudemment écrite par la Mere de Syrene, et heureusement remise à la Famille du Jeune-Homme, |362| n'avoit enfin découvert leur Complot scélérat.
III. LA Scene de la troisieme fut à Greenwich, où Syrene, déjà entretenue par un Marchand Portugais, lie encore deux autres Intigues, l'une avec un Capitaine de Vaisseau, et l'autre avec un Jeune-Homme de Distinction, qui, aïant découvert, que sa Perfidie, et la Scélératesse de sa Mere, avoient causé la Mort de sa Fiancée, l'accable des plus violens Reproches, la quitte avec Horreur, et va porter sa Douleur et ses Regrets en Amérique.
IV. L' OPERA et la Mascarade furent l'Occasion de la quatrieme, où l'on voit Syrene s'accrocher fort cavaliérement à un Lord déguisé de même qu'elle, passer fort voluptueusement la Nuit avec lui; après l'avoir effrontément ensuite été relancer jusque dans son propre Domicile, en recevoir les Railleries les plus ameres, et les Menaces les plus accablantes; et, enfin, en être le plus ignominieusement chassée.
V. ON remarque dans la cinquieme avec quelle Facilité elle plume impitoïablement un Idiot de Marchand, qui, aïant enfin découvert son Infidélité et ses Friponneries en faveur d'un Avanturier, et se voïant à peu près ruïné, veut se tuër lui-même, mais en est empêché par sa Femme, qui lui pardonne généreusement ses Egaremens, pendant que, d'autre côté, Syrene et son
Galant, après avoir promtement dissipé ce |363| qu'ils lui avoient volé, se brouillent, se querellent, se battent, et enfin se quittent pour toujours.
VI. ON voit dans la sixieme Syrene s'abandonner brutalement à son Insatiabilité pour les Hommes, se livrer sans mesure, non seulement aux Desirs empressez d'un Lord qui l'entretenoit en Chambre, mais même aux Emportemens brutaux de tout Venant, de qui elle ne manque point de recevoir de fort mauvais Présens, qu'elle communique au Lord, qui ne s'abstient de la traiter comme elle méritoit, que pour ne point appreter à rire au Public à ses Dépens.
VII. LA septieme, l'une des plus intéressantes de tout le Livre, représente Syrene comme aïant fortuitement fait Connoissance dans le Parc de Saint-James avec un vieux Gentil-Homme veuf, qui la prend pour diriger sa Maison, et de l'Esprit duquel elle sait si bien s'emparer, par son Maintien modeste et hipocrite, qu'il alloit incessamment l'épouser, si son Fils, qu'il lui présentoit, n'eût fait d'Etonnement quatre Pas en arrierre, et si elle-même à son Aspect n'eût jetté un grand Cri de Surprise, qui jettérent le Bon-Homme dans un Embarras encore plus grand que le leur. Le Dénoûment fut, que ce Jeune-Homme se jetta aux Pieds de son Pere, lui demanda Pardon de ses Débauches, et lui avoua sincérement que cette Créature étoit une Fille-de-Joie des plus impudiques, et qui lui avoit passé quantité de fois par les Mains, |364| dans divers mauvais Lieux; ce qui la sit aussitôt, non seulement dépouiller des Habits magnifiques et des Joïaux précieux dont on l'avoit parée, mais même ignominieusement chaffer d'une riche et puissante Maison, dont elle alloit devenir la Maitresse.
VIII. LE Héros de la huitieme fut un Jeune-Homme d'assez bonne Famille, mais pour le moins aussi gueux que Syrene, et qu'elle acheva de dépouiller impitoïablement jusqu'au dernier Fardin, sous prétexte de Mariage: mais, l'aïant enfin surprise en flagrant Délict avec le prémier Avanturier qui l'avoit débauchée, l'un et l'autre indignez de se voir également jouëz et duppez, la couvrirent d'Injures, et l'abandonnérent à sa mauvaise Conduite.
IX. LA neuvieme et derniere commença à un Encan, d'où un Gentil-Homme la tira pour la mettre en Chambre, d'où sa Femme, extrémement jalouse, sçut à son Tour la tirer, pour être conduite, par Ordre du Magistrat, dans une Prison de Prostituées, en attendant qu'on la chassat honteusement de Londres, et qu'on la reléguât dans le Fond du Païs de Galles.
TELLES sont les prémieres Avantures de Syrene, qui en font naturellement attendre de secondes. Et s'il est vrai qu'elle n'eût alors que dix-sept Ans, comme le dit expressément quelque part le Livre, elle pouvoit à très juste Titre parodier ainsi pour elle-même ce fameux Vers du Cid de Corneille: |365|
Je suis jeune il est vrai; mais, aux Ames mal nées,
Le Vice n'attend pas le Nombre des Années.
IL ne sera peut-être pas inutile d'ajouter, que les deux Traductions de ces Romans de Pamela, et d'Anti-Pamela, ne sont nullement bien écrites, et se sentent fort souvent du Langage altéré des Lieux qu'habitent leurs Auteurs. Sans insister sur la prémiere, qui est fort irréguliere dans l'Edition de Londres, et que par cette Raison l'on a été obligé de rajuster tant bien que mal en beaucoup d'Endroits des Editions d'Amsterdam, il suffira d'indiquer ici quelques Irrégularitez de la seconde, telles que la Barette quittée par une Fille, pag. 3; une Tailleuse, pag. 4; tourner des Dispositions vers des Desirs, pag. 7; faire un Tour fur la Cour, pag. 24, et de même pagg. 31, 42, &c; ce fut férieux, pag. 25; se torturer, pag. 54; le Milord jugea … que Syrene … deviendroit une Espece de Bardane, pag. 236; une Cloaque, pag. 273; et sur-tout cet admirable Vers,
Fuiez la dangereuse Beauté des. Coquettes,
pag. 266: en sorte qu'on peut très légitimement conclurre, qu'ainsi que le Crispin Médecin de Haute-Roche étoit aussi habile en Astrologie qu'en Médecine, le Traducteur |366| de l'Anti-Pamela n'est guere moins habile en Vers qu'en Prose.
AU RESTE, les Lecteurs François lui doivent être fort redevables de leur avoir épargné la Lecture de quantité de Saletez, dont les Lecteurs Anglois sont en Possession de ne s'effaroucher pas de même.
* * * * *
|358|
ARTICLE VII.
I.
ARTICLE VII.
I.
The Anti-Pamela, or False Innocence, Discovered in The Adventures of Syrene: A True Story, Attested by Everyday Experience, Written to Serve as a Preservative for Young Men Against the Tricks of Flirts, and Translated from the English by Mr. de M***. Amsterdam, Arkstée [and] Merkus, 1743, in 12mo, 445 pages, without the Advertisement.
This Anti is a Moral Novel, written to refute another of the same kind, composed by a Mr. RICHARDSON, entitled Pamela, or Virtue Rewarded, and in which, according to the Advertisement preceding it, the Rules of Verisimilitude are rather poorly observed.
Indeed, it is said, one is surprised, upon reading this work, to see a girl, whom we are told is a simpleton, reasoning sometimes like a philosopher, sometimes like a theologian; a girl who has an almost unheard-of attachment to virtue; and who, nevertheless, is the greatest charlatan and the most ambitious in the world. She wants and she doesn't want: she seems to love virtue only to throw dust in people's eyes and to better achieve her ends. In short, she is such a complicated character, |359|, that on every page of the book one thinks one sees another heroine…. And one could perhaps add many other things about its faults, and those of its praise: for example, the crudeness, even the brutality, of the hero's initial proposals and actions, which cannot help but repel any reader with even a modicum of refinement and sense; and the ridiculous envy of becoming the mistresses and wives of their masters, which the sheer volume of PAMELA's coquettishness can so easily, yet naturally, inspire in the small minds of countless foolish and imbecilic creatures whom her adventure has seduced.
It will not be necessary, continues the already-cited Advertisement, to apply these general reproaches to SYRENE. Here, the character is consistent from beginning to end. She is always a coquette, ignorant of everything except the art of deception, in which she excels. We even see her skill grow with her age; and, by an effect common to coquetry, her taste for debauchery increases as she becomes more accustomed to men; and, in the end, she grants through libertinism what she previously yielded only through self-interest… PAMELA is unfortunately a kind of phoenix, which is found nowhere else. SYRENE is a character who is found in every country and in every city of the world. In short, we see with pleasure, in this novel, the real and naive picture of the life, the ruses, |360| and the extreme debaucheries of debauched women; instead, we see at first with regret that the other is only a Tale made for pleasure, forged in the Author's Cabinet, who always speaks there, without almost ever letting a simple and modest Girl speak, as he should have according to his Plan, whose amiable Naiveté would have given a hundred times more Pleasure to any judicious Reader than all the quintessential and mystical Refinements of Love, which are very clumsily attributed to him. If it is true, as is claimed, that a preacher from Southwark had no difficulty publicly recommending the reading of this historical romance from the pulpit, then one should not hesitate to recommend likewise that of Telemachus, Guzman d'Alfarache, and some other moral romances of the same kind: for the moral lessons given therein are much more skillfully embedded, much more judiciously distributed, and consequently much more likely to produce a happy success.
To perfectly match the title Pamela, or Virtue Rewarded, the Refutation in question here might perhaps have been entitled Anti-Pamela, or Vice Punished, since indeed every criminal scheme of Syrene is always thwarted by its lack of success: in which respect the author's conduct and lessons appear very judicious and highly worthy of approval. In any case, these Adventures, which |361| number IX, can indeed serve as a safeguard against the wiles of coquettes: and this is something one can form an idea of from the following detail.
I. In the first story, Syrene, reluctantly apprenticed to a seamstress and well-instructed by her mother, a woman of considerable experience and intrigue, never to become attached to anyone except for self-interest, but led astray by her inclination towards pleasure, falls foolishly in love with a swindler of a lieutenant, whom she cleverly lures into a tavern, where, by means of a pair of stockings and several glasses of double-strength ratafia, he finally obtains her gloves. After which, over some feathers she tries in vain to pluck from him, he leaves her pregnant with his child; but, with the help of a potent brew, her worthy mother, a woman of long standing familiar with crime, soon rescues her from this predicament.
II. The second takes place in a House of Quality, where Syrene, placed to read beside an old Lady and to look after her Room, finds a way to ensnare her son-in-law and his son-in-law, to whom she finally gives herself, but whom she immediately accuses of having raped her. He was about to be forced to marry her or exposed to the rigors of Justice, if a letter, imprudently written by Syrene's Mother and fortunately delivered to the Young Man's Family, |362| had not finally uncovered their wicked plot.
III. The scene in the third scene took place in Greenwich, where Syrene, already kept by a Portuguese merchant, becomes embroiled in two further affairs, one with a ship's captain, and the other with a young man of distinction. This young man, having discovered that her treachery and his mother's wickedness had caused the death of his fiancée, heaps the most violent reproaches upon her, abandons her in horror, and goes to America to bear his grief and regrets.
IV. The opera and the masquerade were the occasion for the fourth scene, in which Syrene is seen quite cavalierly latching onto a lord disguised like herself, spending the night with him in a most voluptuous manner; after having brazenly pursued him even to his own home, receiving the bitterest mockery and the most crushing threats. and, finally, to be most ignominiously driven out.
V. One notices in the fifth one with what ease she mercilessly fleeces an idiotic merchant who, having finally discovered his infidelity and roguery in favor of an adventurer, and seeing himself nearly ruined, wants to kill himself, but is prevented by his wife, who generously forgives his indiscretions, while, on the other hand, Syrene and her gallant, after having promptly squandered |363| what they had stolen from her, quarrel, fight, and finally part forever.
VI. In the sixth scene, we see the Syrene brutally abandon herself to her insatiable hunger for men, surrendering herself without restraint not only to the eager desires of a Lord who entertained her in his chamber, but also to the brutal outbursts of every passerby, from whom she invariably receives very poor gifts, which she then passes on to the Lord, who only refrains from treating her as she deserves so as not to become a laughingstock to the public at her expense.
VII. The seventh, one of the most interesting in the whole book, represents Syrene as having fortuitously made acquaintance in the park of Saint James with an old widowed gentleman, who takes her to manage his house, and whose mind she knows so well how to seize, by her modest and hypocritical demeanor, that he was about to marry her, if his son, whom he was presenting to her, had not taken four steps back in astonishment, and if she herself at his sight had not thrown a great cry of surprise, which threw the good man into an embarrassment even greater than theirs. The outcome was that this young man threw himself at his father's feet, begged his forgiveness for his debauchery, and sincerely confessed that this creature was a most shameless prostitute who had passed through his hands many times |364| in various disreputable places; which immediately led to her not only being stripped of the magnificent clothes and precious jewels with which she had been adorned, but even ignominiously taken from a rich and powerful household, of which she was to become the mistress.
VIII. The hero of the eighth tale was a young man from a fairly good family, but at least as destitute as Syrene, whom she ruthlessly stripped of every last penny under the pretext of marriage. But, having finally caught him in the act with the first adventurer who had seduced her, both, indignant at being equally deceived and tricked, heaped insults upon her and abandoned her to her wicked ways.
IX. The ninth and last began at an auction, from which a gentleman took her to put her in a chamber, from which his extremely jealous wife in turn took her, to be taken, by order of the magistrate, to a prison of prostitutes, while waiting to be shamefully driven out of London, and relegated to the depths of Wales.
Such are the first adventures of Syrene, which naturally lead one to expect more. And if it is true that she was only seventeen at the time, as the book expressly states somewhere, she could quite rightly parody for herself that famous line from Corneille's Le Cid: |365|
I am young, it is true; but, for ill-born souls,
Vice does not wait for the number of years.
It may perhaps be useful to add that the two translations of these novels, Pamela and Anti-Pamela, are by no means well written, and very often reflect the altered language of the places inhabited by their authors. Without dwelling on the first, which is quite irregular in the London edition, and which for this reason has had to be readjusted as best as possible in many places in the Amsterdam editions, it will suffice to point out here some Irregularities of the second, such as the Barette left by a Girl, p. 3; a Seamstress, p. 4; turning Dispositions towards Desires, p. 7; taking a Tour of the Court, p. 24, and similarly pag. 31, 42, etc.; it was ferocious, p. 25; torturing oneself, p. 54; the Lord judged… that Syrene… would become a Kind of Burdock, p. 236; a cesspool, p. 273; and above all this admirable Verse,
Flee the dangerous beauty of… Coquettes,
p. 266: so that one can very legitimately conclude that, just as Crispin Physician of Haute-Roche was as skilled in Astrology as in Medicine, the Translator |366| of Anti-Pamela is scarcely less skilled in Verse than in Prose.
Moreover, French readers owe him a great deal of gratitude for having spared them the reading of a quantity of filth, which English readers are fortunate enough not to be so alarmed by.











